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Connaissez-vous le MAM ?

par Yan Blanchard le 22 août 2008

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Informations sur le MAM

Le mal aigu des montagnes (MAM) est le signe d’une acclimatation incomplète à l’altitude. Ce qui est intéressant c’est que personne ne peut savoir s’il réagira bien ou pas en haute altitude et le fait d’être en très bonne forme physique n’est pas du tout un gage de réussite !

Quatre facteurs essentiels déterminent la survenue d’un MAM :

  • Vitesse d’ascension
  • Altitude atteinte
  • Durée du séjour
  • Susceptibilité individuelle

Il est le plus souvent bénin : maux de tête, nausées, insomnies, “vertiges”. Les troubles surviennent 4 à 8h après l’arrivée en altitude et le plus fréquemment à partir de 3500 mètres. Tout malaise ou symptôme en altitude doit a priori être considéré comme un défaut d’acclimatation. Si vous ressentez quelques-uns de ces troubles, prenez un gramme d’aspirine ou de paracétamol.

  • Si les signes s’estompent : vous pouvez continuer à monter ;
  • S’ils persistent : arrêtez-vous jusqu’à ce qu’ils diminuent ;
  • S’ils s’aggravent : redescendez jusqu’à ce qu’ils disparaissent.

En matière de prévention, les trois règles d’or sont :

  • Ne pas monter trop vite trop haut ;
  • Monter suffisamment haut pour s’acclimater ;
  • Ne pas rester trop haut trop longtemps.

A surveiller : les “4 Hypo”

  • Hypoxie : manque d’O2 ;
  • Hypoglycémie : manque de sucre ;
  • Hypothermie : manque de chaleur ;
  • Hypohydratation : manque d’eau.

Différents signes du Mal Aigu des Montagnes

Si l’on monte trop vite, sans respecter de paliers, un certains nombre de signes apparaissent.

  • Maux de tête
  • Fatigue
  • Nausée et vomissement
  • Insomnie
  • Manque d’appétit
  • Troubles digestifs
  • Essoufflement
  • Troubles neurologiques (vertige, agressivité, léthargie)

Si vous avez un de ses signes, par précaution, attribuez les dans tous les cas au MAM. Refuser les symptômes, c’est se mettre dans une situation dangereuse où les complications décrites ci-dessous peuvent rapidement apparaître.

Complications du Mal Aigu des Montagnes

Œdème pulmonaire : il concerne 0,5 à 2% des sujets au-dessus de 3000 m. Les signes en sont un mal de tête qui ne cède pas malgré la prise importante d’aspirine ou de paracétamol, une fatigue importante, une toux sèche, un essoufflement même au repos avec oppression thoracique et tachycardie (accélération du pouls). Possibilité de troubles du comportement. Sans traitement la mortalité est de 40% !

Œdème cérébral : encore plus grave, la mortalité est de 50%. Souvent exacerbation d’un mal aigu avec maux de tête frontaux, fatigue à son comble, troubles du comportement (hallucination, délire…), des troubles de la coordination. Sans soin, c’est le coma.

Œdème localisé : l’altitude provoque des troubles dans les échanges entre les différents compartiments liquidiens de l’organisme. Signes : marque importante de la chaussette sur la peau, marque importante du bracelet de la montre sur la peau, yeux gonflés, visage boursouflé, prise de poids, baisse des urines.

Hémorragie rétinienne : Des caillots de sang se forment dans la rétine de l’œil. Signes annonciateurs : apparition d’un voile noir, sensation de flou visuel.

Stades de gravité du Mal Aigu des Montagnes

Stade de gravité du Mal Aigu des Montagnes

Schéma publié avec l’autorisation des éditions Glénat issu du Petit manuel de médecine en montagne d’Emmanuel Cauchy

Contre-indications et précautions pour éviter le Mal Aigu des Montagnes

Contre-indications

La prévention repose d’abord sur le respect des contre-indications aux séjours en altitude.

Sont considérées comme contre-indications absolues : Les maladies coronariennes, l’insuffisance cardiaque et l’hypertension artérielle sévère, certaines maladies du sang, les maladies thrombo-emboliques, des antécédents du mal aigu des montagnes.

Contre-indications relatives : Les maladies cardio-vasculaires ou broncho-pulmonaires stabilisées, le diabète insulinodépendant bien équilibré, l’ulcère gastroduodénal, l’épilepsie, les rétinopathies, les maladies psychiatriques, la grossesse.

Aussi : Les âges extrêmes de la vie sont déconseillés. Pas d’altitude supérieure à 1 800 m avant 2 ans, et pas d’altitude supérieure à 3 000 m avant 12 ans et après 65 ans.

Précautions

  • Trois ou quatre mois avant le départ, effectuez une remise en forme en pratiquant un sport d’endurance (natation, vélo, course à pied…) ;
  • Consultez votre médecin avant de réserver votre voyage pour vérifier que vous n’avez pas de contre-indications au trekking en haute altitude ;
  • Montez lentement pour accroître votre temps d’acclimatation et maximiser vos chances d’atteindre la cime. Ceci est primordial sur le Kilimandjaro car les dénivelés journaliers dépassent les 400 mètres recommandés au delà de 3000 mètres d’altitude;
  • Prendre du Diamox un à deux jours avant votre ascension
  • Cessez de fumer (c’est l’occasion) ;
  • Buvez de l’eau en abondance : plus de 3 litres par jour, pas d’alcool ;
  • Manger régulièrement et en quantité suffisante (mais pas trop non plus). Préférez les aliments énergisants (riz, céréales, pain…) aux graisses ;
  • Ne pas dormir seul au delà de 4000 m car c’est la nuit que les œdèmes se déclenchent.
  • Vérifiez que votre agence de trekking dispose d’un caisson hyperbare et d’une bouteille d’oxygène ;
  • Connaître les signes du Mam et son échelle de gravité.

Traitement du Mal Aigu des Montagnes

Essai du caisson hyperbare sur les pentes du KilimandjaroStade 1 &2 : Prendre du repos à la même altitude est généralement suffisant pour apaiser les troubles et envisager de reprendre l’ascension le lendemain

Stade 3 : Redescendre d’urgence. Si celle-ci n’est pas possible, utiliser le caisson hyperbare.
Le docteur Emmanuel Cauchy (alias Docteur Vertical), également guide de haute-montagne, fondateur de l’institut de formation et de recherche en médecine de montagne et auteur du livre Petit Manuel de médecine en montagne aux éditions Glénat, préconise trois médicaments :

  • Le Diamox : à utiliser en préventif 2 jours avant l’ascension bien qu’il puisse aussi être utilisé de façon curative. A ce sujet sachez que l’utilisation du Diamox en prévention fait débat. Alors que la Wilderness Medecine Society le déconseille en préventif car des effets secondaires existent (lire la thèse de Pascale Della Santa - lien dans la rubrique En savoir plus), Emmanuel Cauchy, médecin du secours en montagne à Chamonix, fondateur de l’Iffremmont et guide de haute-montagne, le préconise : « l’acétazolamide (Diamox) est le plus efficace, surtout en traitement préventif » car « il lui faut 12 à 24 heures pour agir ». Je ne peux que trop vous conseiller d’en parler avec votre médecin.
  • Le Viagra : son action est bénéfique surtout sur l’œdème pulmonaire.
  • Le Célèstène : à utiliser notamment pour les Mam récalcitrants.

Médicaments délivrés sous ordonnance. Consultez votre médecin pour leur utilisation.

Note
Consultez votre médecin avant de partir. Il fera le point avec vous sur les vaccinations et le mal des montagnes et vous pourrez constituer votre trousse à pharmacie avec lui !

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