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C’est quoi un VBL?

par Eric le 7 février 2009

Les VBL ne sont pas des Véritables Bières Luxembourgoise ou des Vraiment Beaux Lapins. Il s’agit des « Vapor Barrier Liners » soit une barrière contre la vapeur. Le principe de ce genre de barrière est de mettre une pellicule étanche entre la peau et un autre isolant afin d’empêcher la transpiration d’atteindre l’isolant et ainsi le protéger. En bon Québécois: un sac de plastique.

On de peut pas dire que le principe d’utilisation des VBL s’applique à tous et lors de toutes activités. En fait c’est un des problèmes des VBL, elles ne peuvent être utilisées que lors de situations très spécifiques. La barrière consiste en un enduit non respirant appliqué sur un tissu synthétique. Les produits les plus connus sont des bas VBL ou des sacs VBL qui sont placé entre vous et le sac de couchage, un peu comme un cocon. Lorsqu’on est au repos ou même en pleine activité, le corps produit une certaine chaleur et humidité qui sert de mécanisme de régulation de la température. Lorsqu’une grande quantité d’humidité a été évacuée du corps et que la peau commence à être humide il y a une plus grande dissipation de la chaleur. C’est en quelques sortes votre système d’air climatisé: on transpire pour se refroidir.

Le VBL dans un sac de couchage forme une poche qui retient 100% de l’humidité. Comme le corps trempe dans cette humidité, il est rapidement mouillé, le système de climatisation étant fonctionnel, le corps n’a plus a transpirer pour régulariser la température. En fait l’objectif du VBL est d’empêcher votre mécanisme de régulation de la température de laisser aller votre humidité dans les couches isolantes de votre sac de couchage. Lorsque l’humidité quitte votre corps pour aller vers l’extérieur du sac elle rencontre le point de rosée qui se trouve habituellement dans le sac. Le point de rosée est le point ou la vapeur d’eau se transforme en eau, c’est un point où la condensation se forme et c’est bien souvent DANS le sac de couchage. Quand il fait -20 Celsius dehors et que votre corps est à 38 C, le Zéro Celsius se trouve à quelques parts entre vous et la dernière pellicule de tissus qui se trouve en contact avec l’air extérieur. C’est donc dire que peu importe le Pertex, Gore tex ou autre tex, votre humidité va condenser et rester dans votre sac. C’est parce que l’écart entre votre température corporelle et la température extérieure est trop importante. L’utilisation d’une tente, ou d’un bivouac peut changer radicalement cet écart et permettre d’avoir un point de rosée dans la tente ou entre votre sac et votre sac de bivouac.

Une paire de bas VBL est supposée empêcher la botte de se mouiller de l’intérieur. Est-ce que ca marche? Oui. Est-ce qu’il y a des inconvénients? Oui. Contrairement au VBL utilisé comme cocon, lorsque le pied est dans un sac et qu’il atteint le point de saturation d’humidité, la transpiration continue parce que le reste du corps a toujours chaud. Le principe de faire arrêter le corps de transpirer fonctionne lorsque tous le corps est couvert. Un autre inconvénient provient de l’excès de transpiration ramollie la peau et celle-ci devient plus sensible aux ampoules.

L’utilisation d’un VBL à sa place dans les expéditions de plusieurs jours a des températures très froides afin de protéger les isolants des sacs de couchage du gel de la condensation dans le sac. Will Steger qui a effectué des expéditions nordiques sur les deux pôles, indique « …dog-sled expedition to the North Pole, the team’s synthetic sleeping bags accumulated 35 pounds of ice through condensation because the team wasn’t using VB liners » Au sud du Québec, dans le nord des États-Unis les VBL n’ont pas leur place à moins d’un usage très spécifique. Si votre objectif est de protéger l’isolation de vos bottes, il existe le Drysol qui peut être utilisé ponctuellement. Ce produit pourrait bien faire un autre petit article! En contre partie, si vous désirez faire le test, c’est simple, mettre une paire de bas ultra minces (polypropylène ou soie) prendre deux sacs d’épicerie, mettre les sacs pardessus les bas, mettre les bottes et marcher avec cette combinaison pendant une journée. Vos bottes devraient être en bonne condition le lendemain matin et ne seront pas figée dans la glace si vous êtes en camping d’hiver. Il reste à avoir l’état de vos pieds et de votre confort pour la journée…

Publié dans Camping d'hiver, Question/Réponses, Équipements
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Comprendre le froid

par Eric le 6 février 2009

Il est de plus en plus difficile de s’habiller. On retrouve sur le marché des dizaines de marques, des dizaines de produits pour chaque marques ce qui donne des centaines de possibilités… On est bien loin des sous vêtements de coton gaufrés! De plus des dizaines de spécialistes formées par des dizaines de compagnies donnent des tonnes de conseils. Comment faire pour s’y retrouver et faire sa propre idée?

Pour s’habiller convenablement il faut connaître des principes de base, bien cerner ses besoins et se connaître.

Le froid n’existe pas

Le froid en tant que tel n’existe pas, on devrait plutôt parler d’absence de chaleur ainsi au lieu de dire « il fait plus froid » on devrait dire «il fait moins chaud ! » . Pour les amateurs de plein air hivernal l’objectif n’est donc pas de se protéger du froid mais bien de conserver sa chaleur

 

De l’air en grande quantité

Le meilleur isolant est sans contre dit l’A.I.S., ce n’est rien de bien sorcier mais lorsqu’on sait que c’est l’Air Immobile et Sec qui est le meilleur isolant on commence à mieux comprendre comment conserver sa chaleur. L’air doit être présent en grande quantité pour assurer une bonne isolation et cet « air » ne doit pas bouger sinon il y a convection et donc perte de chaleur. L’épaisseur est un facteur déterminant. Il n’existe aucun manteau mince qui offre des propriétés remplaçant les propriétés de l’épaisseur. En fait une compagnie a bien mis sur le marché un manteau mince à batteries, mais c’est un système de chauffage… qui n’a rien à voir avec l’isolation.

L’air doit être parfaitement immobile

Si on utilisait un matelas pneumatique pour s’isoler du sol, le système ne serait pas efficace parce que les molécules d’air pourraient se déplacer librement dans le matelas. Les molécules qui se déplacent servent de moyen de transport à la chaleur d’une paroi du matelas à l’autre paroi. Il y aurait donc une convection et une conduction. Pour éviter cette situation, il faut penser à immobiliser l’air qui se déplace entre les deux parois. Il existe donc plusieurs options qui vont permettre à l’air de rester immobile. Que ce soit des isolants synthétiques ou naturels, tous peuvent faire le travail avec des avantages et inconvénients, le principal est d’empêcher l’air de bouger. Par exemple, la fourrure peut servir d’isolant, l’air prisonnier des poils de la bête fait un bon travail mais pour pratiquer un sport, le poids d’un tel manteau est un inconvénient. Il faut commencer par garantir une isolation directement sur la peau. Il y a quelques milliers d’années même les hommes étaient couverts d’une fourrure. Comme nous n’avons plus cette fourrure, il nous faut porter un premier vêtement, une première couche près du corps. Avoir un gros manteau directement sur la peau mais ne pas avoir de sous vêtement permet à l’air chaud qui se trouve à la surface du corps de se déplacer et de s’éloigner du corps. L’air n’est donc pas immobile. La où les premières couches doivent permettre à l’air d’être immobile très près de la peau. Si le vêtement n’est pas moulant, il y aura forcément des poches d’air mobiles et il y aura convection et perte de chaleur. Cette première couche sera donc extensible afin d’être réellement une seconde peau.

 

L’air doit être sec

L’eau est présente en raison de la pluie, de la condensation, de la transpiration, c’ est un des ennemis jurés. L’eau est un conducteur et permet à la chaleur d’être évacuée rapidement. La transpiration est le mécanisme d’autorégulation du corps qui permet à celui-ci de refroidir de façon naturelle. En hiver, c’est contradictoire, il faut donc gérer habilement cette problématique. Pour illustrer la conductivité de l’eau, deux petites expériences simples peuvent être faites. Mettre la main au four alors qu’il est à 100 C peut être fait sans problème pendant quelques minutes (les Finlandais peuvent rester à 120 C pendant 15 minutes). Même expérience, même température mais avec de l’eau, impossible de laisser la main dans l’eau plus de 1 seconde. Bien qu’on soit exactement à la même température, on constate que l’eau a un effet très différent de l’air parce que l’eau est conductrice. On peut faire le même test avec une main dans l’air à 5 C et dans l’eau à 5 C. Il sera impossible de laisser la main dans l’eau plus de quelques minutes. Dans tous les cas il faut arriver à éliminer toutes les possibilités d’avoir de l’eau dans le système d’isolation. La transpiration est donc un élément très important à contrôler tout comme les infiltrations d’eau provenant de la neige ou de la pluie. Une personne qui ne transpire pas ou qui pratique une activité d’intensité modérée ou pendant une courte période de temps n’a pas à se soucier de cet élément. Un bon vieux col roulé de coton peut très bien faire le travail et certainement mieux qu’un sous vêtement de polypropylène. Une personne qui transpire ou qui pratique une activité intense doit penser à trouver une façon de garder sa peau au sec en transférant son humidité dans les couches supérieures de son isolation.

Deux principes très différents sont sur le marché. Le premier est celui d’une première couche qui reste toujours sèche même lorsque la sudation est forte et le second est la couche qui pompe l’eau de la peau pour que la peau soit sèche dans ce second principe la couche est donc plus humide mais la peau plus sèche. Des exemples de couches « sèches » : Lifa, Helly Handson, Malden Mills® Polartec et nombre de tissus principalement fait de fibres de polyester. L’autre alternative est une couche qui « pompe l’eau » : le polyester traité au Capilène de Patagonia, les fibres naturelles comme la laine Mério chez Ibex. Une goutte d’eau déposée sur un tissu de polyester non traité reste en surface. Le capilène absorbe littéralement l’eau, un peu comme le coton. La fibre de polyester traitée au capilène conserve de l’air même mouillée et est capable de faire migrer la transpiration vers une couche supérieure, ce que le coton ne peut faire. D’après moi c’est ce genre de couche qui pompe l’eau offre un meilleur rendement que le simple isolant qui reste sec.

Un bon isolant mais aussi un bon ajustement

La mousse d’uréthane est un isolant parfait, beaucoup de capsules d’air, immobiles et le tout est sec. Mais un manteau d’uréthane serait rigide et laisserait des poches d’air entre la peau et le vêtement. La coupe du manteau et la façon dont il peut vous envelopper et mouler votre corps. C’est un facteur important à considérer lors de votre achat. Bien que le duvet soit sensible à l’humidité, aucun isolant ne peut rivaliser avec la façon dont il peut enrober le corps et ainsi éviter que des poches d’air soient présentes entre vous et le vêtement. Les isolants synthétiques sont très populaires mais pour offrir un aussi bon que le duvet rendement la coupe du vêtement doit être parfaite. Comme on n’a pas les moyens d’avoir un couturier pouvant nous fabriquer le vêtement parfait, il faut faire de nombreux essais pour avoir un vêtement qui moule parfaitement notre corps. En bout de ligne la coupe a parfois une plus grande importance que le matériaux isolant.

 

Le vent et ses effets

Le facteur de refroidissement éolien n’est valable que sur la peau exposée au vent. Dès qu’un obstacle protège la peau du vent, ce facteur est nul. Ainsi si vous êtes bien isolé du froid et habillé pour -5 C avec une coquille qui coupe le vent (même un sac de poubelle!) qu’il vente à 10 ou 50 km/h ne change rien, il ne fera toujours que -5 C. Il existe des pommades qui suffisent à diminuer l’effet du vent sur la peau. Si la peau n’est pas directement isolée, elle ne subit pas le refroidissement

Vos besoins

Est-ce que les sous vêtements de coton gaufrés sont adaptés? S’il est bien ajusté au corps et que l’activité est de faible intensité et que l’épaisseur de coton est importante et qu’une protection extérieure est présente (coquille), le coton peu agir comme isolant. Est-ce que la veste de Polartec 200 en polyester est plus chaude qu’un coton ouaté? Cela dépend uniquement de l’A.I.S. La coupe peut faire également toute la différence. Vos besoins doivent être précis pour trouver le type de vêtements qui vous convient. Dépendant l’activité ou du sport que vous voulez pratiquer, de votre capacité à produire de la chaleur, de votre métabolisme, de l’intensité de l’activité, de la période de l’année de la durée de l’activité vous serez en mesure de déterminer vos besoins. Vous cherchez un vêtement polyvalent, qui pourra tout faire… ça ne sera pas facile. Le principe de l’habillage en pelures d’oignons consiste à avoir une série de couches qui permettent d’en mettre plus ou moins en fonction de l’intensité de l’activité. On y retrouve 3 types de couches soit une couche de base moulante qui respire bien et qui évacue l’humidité vers la seconde couche. Une seconde couche d’isolant et dernière couche qui offre une protection contre la pluie et le vent. Le principe d’habillage multicouche ne convient pas aux activités à faible intensité par temps froid.

Bien se connaître

Malgré un habillement à la fine pointe de la technologie, certaines personnes ont toujours froid. Cela dépend de plusieurs facteurs qui ne peuvent tous être contrôlés. Le métabolisme, la qualité de votre système sanguin, votre état de santé, l’hydratation, sont tous des éléments qui ont un rôle à jouer dans votre capacité à combattre le froid. Il faut aussi savoir que le corps est intelligent et que lorsqu’il comprend que le froid gagne du terrain, il aura tendance à effectuer une vaso constriction. Ce mécanisme a pour objectif de diminuer la circulation sanguine en périphérie pour protéger les organes vitaux et la tête. La circulation est amoindrie et le sang ne va plus réchauffer les mains et les pieds tout ça pour éviter l’hypothermie. Manger un repas riche qui demandera de gros effort au niveau de la digestion peut également diminuer la circulation périphérique, il est important de bien connaître son corps et de l’habiller en fonction de ses faiblesses.

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