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Comment éviter la catastrophe en plein air ?

par Yan Blanchard le 9 mars 2009

Pour faire suite à la tragédie survenue à Golden début mars (le couple qui s’est perdu pendant 9 jours en forêt), j’ai pris le temps de réfléchir sur l’importance de planifier nos excursions, aussi simple soient-elles, et sur le niveau d’engagement que nous prenons lors de nos activités en plein air. Ce qui m’amène à ouvrir cette discussion avec vous pour couvrir une autre facette du plein air, celle de la planification de nos sorties!

Qu’elle est notre responsabilité, envers nous-même et les autres membres du groupe, le milieu visité et l’environnement ? Quel doit être le niveau de planification d’une sortie (de quelques heures à plus de 2 jours)? Que devons-nous apporter dans notre sac à dos ? Qui s’occupera de prodiguer les premiers soins ?

Ça commence à faire compliqué pour aller se détendre en forêt n’est-ce pas !?

Quel est le niveau d’engagement d’une sortie ?
Tout dépendra premièrement de l’expérience des gens. Si Jean-Luc Brassard descend la pente familiale du Mont St-Bruno, fort à parier qu’il trouvera le temps long comparativement à Pierre-Paul qui s’y aventure pour son baptême en ski alpin. Le niveau d’engagement sera d’une part relatif aux compétences réelles des individus. Les risques inhérents à l’activité seront beaucoup plus grand pour Pierre-Paul que Jean-Luc !

Donc plus le niveau de risque est grand aux yeux des individus et plus le niveau de compétence réelle d’une personne est petit, plus le niveau d’engagement sera grand et requiert donc un niveau de planification plus important.

Quoi apporter dans une excursion d’une journée ?
Nous le savons tous, nous l’avons entendu ou lu quelque part… Même pour une petite balade anodine au Québec ou à l’étranger, nous devrions avoir un minimum d’équipement qui nous permettrait de passer une nuit en pleine nature – se soigner, se nourrir et se loger. Quel est ce stricte minimum et savez-vous bien comment vous en servir ?

Avant toute chose, la première étape sera de bien planifier votre activité pour savoir quoi apporter !

Planifier l’itinéraire et notre plan de route
Le chemin emprunté, le nombre de km à parcourir, les points d’eau, les routes et sentiers secondaires, les bâtiments, les emplacements de camping, … aviser un proche de notre aventure et lui indiquer notre itinéraire pour l’aviser que si nous ne sommes pas revenu avant le jour ou l’heure X, d’engager les procédures de recherche. La chose importante sera de contacter la personne dès que votre sortie sera terminée !

Quelle est l’expérience personnelle de chaque membre du groupe ?
On dit qu’une chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible ! Il ne faut pas se gêner de demander l’expérience de chaque membre de notre groupe et il faut s’assurer des compétences réelles de chacun. Tout le monde vous dira que  »oui je sais faire le RCR… » Mais à quand remonte votre dernière requalification et dites-moi donc combien de massages cardiaques faisons-nous avant de donner les insufflations ?

Planifier les premiers soins
Qui s’occupe de quoi, qui pouvons-nous contacter, où sont les points de sorties de notre itinéraire, quel est le no. des autorités locales, combien de temps devrons-nous attendre avant de recevoir les SMU (Services Médicaux d’Urgences) ? Comment ferez-vous pour les contacter (VHF, cellulaire, téléphone satellite, SPOT…).

Une fois la préparation et la planification de notre sortie bien complétée, nous regardons l’équipement que nous apporterons, selon le niveau de risque et d’engagement que la sortie planifiée implique.

Prenons le cas d’une sortie d’une journée aux États-Unis, début avril.

T° de jour :: environ 10°C
T° de nuit :: environ -12°C
Nb de km :: environ 15 km aller/retour
Nb de personnes dans le groupe :: 2

- Sac à dos de 25 à 35 litres avec housse imperméable
- Petit sac de couchage -9°C
- Matelas de sol en évasotte
- Trousse de premiers soins complète (et un cours de premiers soins approprié)
- Petit thermos avec breuvage chaud
- 2 litres d’eau
- Allumettes (et allume-feu si nécessaire) + savoir partir un feu
- Dîner et collation de la journée + (petite collation énergétique de surplus)
- Papier de toilette et sac hermétique
- Lampe frontale (avec des piles de rechange si nécessaire)
- Réchaud et gamelle pour faire bouillir de l’eau
- Téléphone cellulaire
- Carte des sentiers (ou topographique) + boussole et savoir l’utiliser
- Sifflet FOX 40
- Vêtements chauds (isolants)
- 2 paires de bas
- Coupe vent, tuque, mitaine…
- Les coordonnées des autorités locales
- Canif
- Passeport et assurances médicale/hospitalisation
- Trousse de réparation :: cordelette, ruban adhésif..
- Une petite toile abri légère
- Montre

EXTRAS
- SPOT
- GPS
- Appareil photos
- Autres

C’est bien beau les équipements mais il faut aussi parler de qualifications. Je crois qu’il est essentiel de suivre une formation en premiers soins (au moins le RCR – 3 hrs) et pour les plus aventureux, le cours de premiers soins avancé en région isolée (40 hrs, offert par Sirius Wilderness Medecine) !

Une formation technique selon le type d’activité que vous pratiquez
- Niveau 1 ou 2 en kayak de mer (accrédité par la FQCK)
- Cours de second ou de premier de cordée en glace
- Cours de hautes montagnes
- Cours de survie en forêt
- Cours de réparation et entretien du vélo
- Cours d’avalanche
- Cours de navigation en milieu maritime
- Formation de carte et boussole et si vous le désirez, le GPS
- Etc.

Finalement, par cette réflexion ouverte avec vous, je ne veux pas faire peur mais peut-être vous montrer une facette de notre métier. C’est le genre de réflexion qu’une entreprise ou un guide sérieux se pose avant chaque sortie. Je crois qu’il faut en parler et passer du savoir au savoir-faire et au savoir-être en plein air pour limiter le plus possible les accidents et les imprévus !

Et vous, vous en pensez quoi ?

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Perdu en forêt, quoi faire ?

par Yan Blanchard le 8 mars 2009

Pour se remettre en situation…
Dimanche 15 février 2009: un couple de Ville LaSalle, dans la cinquantaine décide de rejoindre la station de ski Kicking Horse Resort à partir de Golden, en allant se faire déposer en hélicoptère un peu plus haut sur Golden ( »Purcell Helicopter Skiing »), en Colombie Britannique. Ils sont en ski et prévoient terminer le passage en ski. Ils n’ont, avec eux, que deux barres tendres avec lesquelles ils devront survivre plus de neuf (9) jours. Ils en seront réduits à manger des feuilles de végétaux pour se remplir l’estomac par la suite. Durant cette période, la température se situait entre 5ºC le jour et -18ºC la nuit.

M. Blackburn a été retrouvé vivant après une dizaine de jours et Madame Fortin, quant à elle, est décédée 36 heures plus tôt. Elle laisse dans le deuil ses deux enfants, un garçon et une fille, respectivement âgés de 21 et 18 ans. Que s’est-il passé au juste? Pourtant, ces personnes ont appliqué à la lettre ce qu’il faut faire lorsque l’on est perdu en milieu isolé. Dès que l’on constate que l’on est perdu, on doit rester au même endroit, faire un SOS et attendre les secours en évitant de gaspiller son énergie.

Malgré la signalisation par un guide de ski hors service, à l’emploi de la compagnie d’hélicoptère, qui rapporte à son patron avoir vu un SOS tracé dans la neige et des pistes, à l’ouest du Centre de villégiature, et que 2 autres signalements, reportés par des guides de montagne (à propos des SOS inscrits dans la neige comme les premiers). Cette fois, la compagnie d’hélicoptère dit avoir avisé le détachement local de la GRC. Pourtant, aucune recherche effectuée par la GRC, ni aucune par le GADSAR (Golden BC SAR), qui est une équipe de bénévoles en recherche au sol. Il aura fallu attendre 9 jours plus tard que la famille envoie un rapport effectué aux autorités du SPCUM pour personnes disparues, après le non retour du couple à Montréal. Heureusement – car c’est à partir de cet instant que les choses commencent à bouger à Golden.

Mercredi, le 25 Février 2009, 10 jours après son départ, M. Gilles Blackburn, 51 ans, est retrouvé par hélicoptère lorsqu’on remarque un homme signalant par bras l’hélicoptère. M. Gilles Blackburn est conduit à l’hôpital souffrant d’engelures au pied gauche et de sous-alimentation, il sera relâché le lendemain après-midi. On constate malheureusement le décès de Mme Marie-Josée Fortin, 44 ans, probablement par hypothermie, 36 heures AVANT l’arrivée des secours.

Comment pourrions-nous prévoir l’imprévu ? Qu’aurait-dû apporter le couple pour cette excursion hors des sentiers battus ? Que pouvons-nous tirer de cette tragédie québécoise ?

Tant de questions restent sans réponse, voici le début d’une réflexion..

EN VIDÉO

Le reportage de Charles Faribault

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